À travers ces témoignages, la communauté TIM se raconte dans toute sa richesse, sa complexité et sa vérité. On y découvre des parcours marqués par la neurodivergence, la diversité sexuelle et de genre, les réalités culturelles, religieuses et identitaires, mais aussi par la résilience, la fierté et le besoin d’être compris. Ensemble, ces voix composent un portrait sensible et nuancé d’un milieu où la différence peut devenir une force collective pour tous et toutes, vraiment.
Nom : AR
Session : 2e
Diversité : Sapiosexuel, dyslexique et dysorthographique
Témoignage :
On se donne souvent l’étiquette « hétéro » comme si c’était automatique pour ceux « normaux », veux, veux pas, un peu comme quand tu coches une case sans trop réfléchir sur un quiz. Mais honnêtement, ça ne me décrit pas vraiment et plusieurs peuvent en dire autant. Pour faire simple, oui, j’ai de l’attirance envers les femmes, mais ce n’est pas juste ça. Ce qui m’attire vraiment, ce qui me fait décrocher pour vrai, c’est l’intelligence ; il y a plusieurs types, en passant, ce n’est pas fait juste pour les nerds. En gros, je suis sapiosexuel pour quiconque m’impressionne. Dans ma vie de tous les jours, ce n’est pas un sourire ou un outfit qui me fait tourner la tête. C’est une idée bien placée, une réflexion qui sort du lot, une conversation qui me fait oublier que je suis en cours. C’est quelqu’un qui pense vite, qui voit les choses autrement. Ce qui est bien, c’est qu’au cégep, ça arrive plus souvent qu’on pense. T’es assis dans un local, le ou la prof explique un concept que tout le monde fait semblant de comprendre, et là, quelqu’un lève la main et sort une analyse tellement claire que même le ou la prof a l’air de prendre des notes mentalement. Et moi, je suis là, à moitié fasciné, à moitié charmé, en train de me dire : « Ok, wow… elle, il ou une autre personne réfléchit comme ça ? » C’est dans ces moments-là. Pas dans les « hey salut » gênants comme sur Tinder quand ta convo n’avance pas. C’est dans les discussions en profondeur, avec délicatesse, dans les débats improvisés. J’adore cette petite étincelle d’intellectualité qui te fait sentir que tu viens de rencontrer quelqu’un qui voit le monde avec un angle différent. Donc non, je ne suis pas « juste hétéro ». Je suis attiré par les cerveaux comme un zombie dépourvu du sien, par les conversations qui me font réfléchir autrement. Le reste, c’est un bonus, le physique et tralala… Je pense que ça vient du fait que je suis dyslexique et dysorthographique sévère. Pour faire court, je jongle avec les mots, mais bon, on trouve tous un moyen de « cope » avec ce qu’on manque. Mon handicap fait percevoir le contraire aux gens qui m’entourent, mais j’ai réussi à m’améliorer pour aller mieux et je continue ainsi. La preuve : j’ai réussi à battre mon trouble lexical du langage et je peux parler librement. Merci d’avoir pris le temps de le lire. J’espère que ça vous aide à comprendre.
Nom : Jonathan Evoy
Session : 6e
Diversité : Je suis neurodivergent : plus spécifiquement, je suis autiste.
Témoignage :
J’ai beaucoup de défis qui peuvent paraître surprenants pour une personne neurotypique. Mon plus grand défi dans la vie, c’est la gestion de mes émotions. J’ai fait beaucoup de progrès depuis ma jeunesse. En fait, il y a quelque chose que je dis souvent à mes amis : un étudiant en TIM est probablement soit neurodivergent, soit LGBTQ+, et des fois même les deux ! Moi, je le vois comme une bonne chose : être entouré d’autant de diversité me fait sentir en sécurité, car ça crée un safe space pour tout le monde. J’ai d’ailleurs appris beaucoup sur les personnes trans, qui est une diversité à laquelle je n’avais jamais été confronté dans la vraie vie.
Nom : Dominick Viens
Session : 8e
Diversité : Bisexuel
Témoignage :
La réalité d’être bisexuel est plus complexe qu’elle en a l’air. Les gens ont tendance à me catégoriser soit comme gay, soit comme hétéro. C’est comme si mon identité n’existait pas vraiment et que c’était un mythe ou quelque chose d’inventé. De l’autre côté, il y a ces gens qui pensent que je ne peux pas être bi si ça fait 8 ans que je sors avec la même fille et que je dois juste être un straight qui veut être intéressant. Pire encore, ces gens qui pensent que je dois absolument être en amour avec tout le monde. Non, ce n’est pas parce que j’aime les hommes et les femmes que j’aime n’importe qui. En grandissant, il n’y avait pas vraiment personne pour m’apprendre c’était quoi, être bi. Tu étais soit gay, soit straight, et il n’y avait pas d’entre-deux. Même les célébrités sont prises dans cette catégorisation. Il n’y avait pas vraiment de modèle pour savoir si ce que je ressentais était réel ou dans ma tête. Heureusement, en TIM, on pousse à fond la diversité. Jamais je me suis senti comme si je n’avais pas d’affaires à être qui je suis. En TIM, on se supporte tous entre nous.
Nom : Magalie Cyr
Session : 4e
Diversité : Je suis musulmane reconvertie et j’ai aussi des troubles de personnalité, dont le trouble de personnalité limite et dépendante.
Témoignage :
Je me suis reconvertie l’année passée, après des années de recherche sur ma raison d’exister, mon but et qui j’étais, et après un an de recherche sur l’islam. Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles je me suis reconvertie, mais l’une des plus importantes, après l’obéissance à Allah (Dieu), c’est de devenir la meilleure version de moi-même. L’islam m’a permis d’arrêter l’alcool, la drogue, l’automutilation, etc. Je vais mieux maintenant que durant les cinq dernières années. Ma reconversion à l’islam fut, pour moi, le moyen de me reprendre en main. J’y ai trouvé une raison de vivre, de l’amour, une famille et une gentillesse infinie. Avant, je croyais en Dieu, mais je ne savais pas vraiment lequel ni pourquoi je faisais ce que je faisais. Je croyais qu’être libre, c’était pouvoir faire ce que je voulais, quand je voulais et où je voulais. Je croyais qu’être libre, c’était me saouler la gueule jusqu’à ne plus me souvenir de rien le lendemain. J’avais tort. Grâce à l’islam, j’ai appris à être vraiment libre. Être libre de toutes les dépendances dangereuses, de ma méchanceté intérieure et plus encore. Alors oui, je ne suis pas libre des racistes, du jugement des autres ou des personnes méchantes, mais malgré tout, je me sens plus libre qu’avant. L’islam m’apprend chaque jour à aimer et à m’aimer. 🤍 Je vois une différence depuis ma reconversion au niveau de la TIM. Premièrement, je vois de la curiosité, de l’étonnement ou de la confusion sur le visage des gens. Je suis compréhensive face à ces réactions, car je sais que ce n’est pas commun de voir une Québécoise se reconvertir. Deuxièmement, je vois du jugement — ou plutôt, je le ressens — dans le regard de plusieurs personnes. Je le ressens encore plus lors des travaux d’équipe. Cependant, je dois admettre qu’il y en a quelques-uns qui s’en foutent complètement, et j’adore ça ! Je suis musulmane, mais ça ne veut pas dire que je suis extrémiste ou fermée d’esprit ! Je sais que le niqab peut faire peur aux gens. Je trouve dommage que certains s’arrêtent à ça. Je parlais à plus de gens avant, mais maintenant, je sens un malaise quand je reparle à certains. Je crois que la TIM est une technique très inclusive pour les personnes neurodivergentes, mais pas nécessairement pour les personnes d’une autre culture religieuse. Je dois dire que je ressens tout cela beaucoup plus au niveau des élèves que des professeurs. P.S. : Je ne dis pas ça pour être pessimiste, j’adore la technique ! Et n’hésitez pas à me poser des questions si vous êtes curieux ou curieuse. J’aime répondre aux questions, car souvent, les gens sont surpris de voir que l’islam est bien plus beau qu’ils ne le croient. 🤍
Nom : Anonyme
Session : 2e
Diversité : Culturelle / ethnique
Témoignage :
Il y a peu d’Asiatiques en TIM. Je partage et propage ma culture.
Nom : Anonyme
Session : 4e
Diversité : Trans et lesbienne
Témoignage :
Trans et lesbienne. Je ne suis pas fan de me faire mégenrer pendant une session complète et que la seule fois que la personne se corrige, c’est à la suite d’un vacs envers moi. 😀
Nom : Anonyme
Session : 6e
Diversité : Diversité neurologique
Témoignage :
J’ai un TDA. Je suis maintenant en 6e session et je suis médicamenté, même si je l’oublie souvent. J’ai beaucoup de difficulté avec la compréhension des consignes, que ce soit en français, en philo ou même en TIM. J’ai aussi de grandes difficultés à me concentrer en classe. J’ai beaucoup de difficulté à comprendre les consignes parfois. En équipe, je comprends souvent les commentaires de coéquipiers de la mauvaise façon, donc je risque parfois de ne pas faire ce qu’on me demande.
Nom : Anonyme
Session : 4e
Diversité : Transgenre
Témoignage :
C’est dur de se faire accepter et j’ai souvent peur de me faire juger. La majorité du monde en TIM est super et respectueux.
Nom : Laurie Fournier
Session : 4e
Diversité : Je suis de mix de nationalités (descendance québécoise et haïtienne) + je représente le L dans 2SLGBTQIA (Yas Queen).
Témoignage :
Les gens ne se rendent pas compte de leur privilège d’être blanc. Quand je parlais avec mon amie, elle me disait que tu te fais plus regarder en tant qu’étrangère que partout ailleurs. « Bin non, je dirais pas mal égal. » Après un échange pas très productif, je me suis rendue compte qu’elle est blonde aux yeux bleus. Personne ne la regarde en général. Personne ne la regarde dans son propre pays. Aucun policier ne l’accoste sans raison. Aucun enfant ne décortique son accent, sa couleur de peau, tout ce qui pourrait être différent : aliénant. J’ai passé de ma naissance jusqu’à ma maternelle à Terrebonne. Souvent, je me dis que la vie aurait été mieux si on était restés là-bas. Quand on a déménagé dans une petite ville sur la Rive-Sud, on était seulement 4 enfants de couleur dans mon école primaire, dont 3 étaient de la même famille. Le taux d’intimidation était élevé. À 10 ans, j’avais déjà des idées très sombres. Je ne savais même pas encore qu’il y avait un mot pour ça, mais j’y pensais chaque jour. « Ils n’essaient pas de rire de toi. Ils essaient de rire avec toi. » Il y a trop d’adultes qui m’ont dit ça. C’est juste parce qu’ils ne connaissent pas mieux, dans le fond. Ils n’étaient pas capables de repérer un être en détresse psychologique juste parce que c’est un enfant. C’est une difficulté qui m’a détruite et m’a bâtie. Ça m’a pris longtemps à réaliser que mes pensées très sombres ne sont pas vraiment parce que je déteste la vie aujourd’hui, mais juste comme premier réflexe parce que je les ai depuis tellement longtemps. C’est quelque chose que je ne souhaite à aucun autre enfant, à aucun autre futur membre de la société, à personne qui a encore toute sa vie devant lui, que ce soit du racisme, de la grossophobie ou n’importe quelle autre forme de discrimination. J’adore être rendue à Longueuil. En tant que membre de la communauté 2SLGBTQIA+, je me sens libre. Oui, j’étais acceptée dans mon ancienne ville, mais je n’étais pas comprise. J’étais souvent aussi invalidée pour ma fluidité. J’ai vraiment l’impression de pouvoir découvrir ma personne et qui je deviens, qui je veux être. Je deviens quelqu’un que moi, à 3 ans, admirais, et je trouve ça beau.
Nom : Anonyme
Session : 4e
Diversité : Noir
Témoignage :
Pour commencer, mon vécu en tant que personne racisée, donc en tant que personne noire, je dirais que je n’ai pas vécu de racisme ni de discrimination. J’ai eu un vécu assez simple. Durant mon secondaire, j’étais dans une école très peu diversifiée. Dans ma classe, j’étais l’une des seules personnes racisées. Passer cinq ans dans un environnement comme celui-ci fait que tu finis par un peu t’approprier une mentalité qui n’est pas forcément la tienne, ou essayer de rentrer dans des codes qui ne sont pas les tiens. D’une certaine manière, cela te pousse à vouloir rentrer dans des codes ou adopter des pratiques qui ne te conviennent pas forcément. Plus tard, lorsque j’ai collaboré avec des personnes noires issues de la même diversité que moi, j’ai ressenti un sentiment d’appartenance. Le fait de passer du temps avec des personnes qui me ressemblent m’a permis de prendre du recul et de me détacher un peu de cette mentalité ou de ces codes dans lesquels j’essayais de rentrer. Dans le programme dans lequel je suis, je ne ressens pas particulièrement un fort sentiment d’appartenance. Cependant, étant donné que nous sommes au cégep, je ne suis pas vraiment dans une quête de recherche de moi-même. Je sais déjà pourquoi je suis dans ce programme et quelles sont mes motivations. Pour cette raison, le fait de ne pas ressentir fortement ce sentiment d’appartenance ne m’affecte pas particulièrement. Cela ne m’empêche pas de continuer mon parcours dans le programme et de poursuivre mes objectifs. Je me concentre surtout sur mes études et sur les raisons pour lesquelles j’ai choisi ce programme.
Image :
Nom : Anonyme
Session : 8e
Diversité : Afro-américain
Témoignage :
Je n’ai pas vécu grand-chose de mémorable par rapport à ma diversité. Je vis sans réellement penser que je fais partie de cette diversité. Sans vous mentir, j’oublie parfois que je suis noir, un peu bizarre, mais bon. Je communique et j’interagis avec les autres normalement.
Nom : VH
Session : 8e
Diversité : Spectre de l’autisme
Témoignage :
J’ai un trouble de l’anxiété, mais aussi un peu des segments du spectre de l’autisme. Mon début de parcours a été une expérience difficile, ce qui m’a conduit à faire des sessions plus petites pour faire en sorte de suivre. Ce qui est bien avec la TIM, c’est que la majorité des étudiants sont sûrement dans la même situation que moi en ce moment. Alors, c’est facile de pouvoir se mettre dans un groupe, même si mon anxiété sociale ne m’aide pas autant. Au moins, cela fait que les profs sont aussi très approchables pour des problèmes que je vis durant les cours. Je reçois l’aide dont j’ai besoin d’une manière qui m’amène à pouvoir me sentir mieux dans mes projets.
Nom : Roan Lemay
Session : 2e
Diversité : Douance / THPI
Témoignage :
Souvent, on oublie qu’on a une douance, ou plutôt on oublie que ce n’est pas simplement « apprendre plus vite ». Les livres disent qu’on est aussi plus sensibles. Quand j’y pense, je me suis senti particulièrement sensible aux premières fois où le mot « génie » m’a semblé être une insulte, même si ce n’est probablement pas à ça que les livres font allusion. Oui, c’est vrai que c’est sympathique d’avoir de bonnes notes sans essayer, de gagner à des jeux que tu viens juste d’apprendre, de repérer les choses avant les autres, mais c’est moins le fun de voir un rictus quand tu montres ton examen, une jalousie quand tu parles de ton diagnostic ou une haine quand tu annonces ton saut de classe. Dans le fond, avoir une douance, c’est le fun tant que ça l’est aussi pour les autres, parce que cultiver sa personne en étant seul, ça a ses limites. Elle est probablement là, la sensibilité.
La douance, en TIM comme ailleurs, ça crée des attentes. Certains professeurs s’attendent à ce qu’on ait de la facilité dans leurs cours et les autres élèves se doutent qu’on connaît sûrement les réponses à leurs questions. Par contre, les attentes, ça crée un faux sentiment de devoir. Il n’est pas rare qu’on ait l’impression que notre échec est plus scandaleux que celui des autres, même si on ne doit rien à personne. C’est pour ça que ce qui est parfois agréable, c’est quand quelqu’un oublie ton diagnostic et te dit quelque chose comme : « Penses-tu être correct pour l’exam ? » J’aimerais pouvoir dire qu’en TIM, il y a tellement de diversité que personne n’y porte attention, mais en vérité, la réalité d’une personne douée de notre programme est quasiment identique à celle de n’importe quelle autre personne douée. Peut-être est-ce surprenant de m’entendre parler uniquement des « bonnes notes » après avoir dit que la douance ne se limitait pas à ça, mais c’est justement parce que c’est la seule chose qui vient à l’esprit des gens quand ils pensent à la douance.
Nom : Anonyme
Session : 2e
Diversité : Neurodivergence
Témoignage :
Être TDA peut être un peu dérangeant au quotidien mais à la longue on s’y habitue.
Bonjour j’existe

